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  • patrick di lenardo

5 bonnes raisons de se (re)mettre à la photo argentique

Dernière mise à jour : 18 janv. 2021



Au temps de la photo argentique, chaque déclenchement avait un coût et le résultat n’était pas toujours garanti. Après avoir délaissé pellicules et papiers pour profiter des incontestables qualités du numérique, j’ai ressorti mes vieux boîtiers argentiques depuis quelques années.


Mais pourquoi vouloir pratiquer la photo argentique à l’heure du digital ?


1. Parce que c’est imparfait


Longtemps, la photographie a cherché à reproduire le réel le plus fidèlement possible. Finalement, c’est grâce au numérique qu’on y est aujourd’hui parvenu, que ce soit en terme de résolution, de contraste ou de rendu.

Film Fujicolor surexposé (+3il), Mamiya 645, 80mm

Alors, c’est maintenant pour ses défauts qu’il faut aimer l’argentique.

Grain épais et pâteux, contraste fort, dominantes de couleurs donnent aux images une ambiance particulière. Et l’on peut provoquer et amplifier ces défauts par quelques savants triturages : pousser et surdévelopper exagérément des films noir-blanc fait exploser le grain. Traiter un film diapo par un procédé C41 (négatif couleur) donne des images aux couleurs et contrastes étranges. Utiliser des films périmés réserve en général bien des surprises. Et la liste des expérimentations est longue : Surexposer ou sous-exposer à outrance, chauffer et malmener des films couleurs pour faire péter les tonalités, gratter ou graver directement les négatifs, faire des surimpressions, etc. La limite, c’est l'imagination.


Ilford HP5, Leica R4, 50mm

2. Parce que ça canalise la création


Lorsqu’on charge un boîtier argentique d’une pellicule, on sait que les vues sont comptées. Alors, chacun des 12, 24 ou 36 déclenchements qui suivront doit être réfléchi.


Cela permet de retrouver des réflexes un peu oubliés : contrôler son cadrage, penser à l’exposition et surtout se poser cette question : est-ce que cela vaut vraiment la peine de déclencher maintenant ?


Avec l’argentique, le regard se fait plus affûté et la démarche photographique change complètement. Clairement, on ne prend pas des images de la même manière qu’en numérique.




3. Parce que ça fait rêver


Exposé et plein de promesses

Une fois que l’obturateur s'est refermé, on peut toujours regarder le dos d’un appareil argentique : rien ne s’affichera!


En argentique, avant de voir le résultat de son travail, il faut terminer la pellicule. Et ça peut parfois prendre du temps (quand j’étais petit, dans l'Instamatic familial, les photos de Noël côtoyaient parfois sur le même film les images de vacances d’été!)


Et ensuite, il faut développer le film. Soi-même ou au travers d’un labo. Alors, entre le moment où on déclenche et celui ou on tient en main les négatifs, il faut un certain temps. Pendant lequel on imagine les photos, on les visualise à l’avance, on les espère nettes et réussies. Bref, alors qu’on patiente, on désire, on fantasme, on rêve.



4. Parce que c’est pas (trop) cher


Un Nikon FE pour moins de CHF100

Oui. Et non, en fait! On trouve en effet du matériel argentique à bon prix sur les sites de ventes aux enchères. D’excellents boitiers de légende et leurs objectifs. A l’époque, le matériel était fait pour durer et il a souvent bien traversé les décennies. Pour ma part, j’utilise du matériel parfois vieux de plus de 60 ans sans problème.


Mais, car il y a un mais. Les consommables, films, papiers et chimies sont aujourd’hui moins demandés et produits en quantités parfois confidentielles. Ce qui a clairement fait grimper les prix. Résultat : le coût par vue est élevé. Mais si on se réfère au point 2 plus haut, comme on aura appris à économiser la pellicule, ça compensera.



5. Parce que c’est magique


Voir une image monter dans une cuve de révélateur sous la lumière rouge du laboratoire reste une expérience extraordinaire. Développer soi-même ses films, tirer ses négatifs représente le côté artisanal et noble de la photographie. Loin de l’immatérialité du numérique, on est ici et à tout moment dans le concret, avec quelque chose de réel en main.

Tirages Ilford Multigrade warmtone

Bonne nouvelle, on trouve encore au fond des caves de bons agrandisseurs d’occasion et à prix abordable.

Tirer en noir-blanc ne nécessite pas forcément une pièce dédiée (une salle de bain va très bien pour un labo itinérant), ce n’est pas si compliqué que ça et c’est surtout très gratifiant: quelle fierté d’exposer au mur une photo réalisée de bout en bout, de la prise de vue jusqu’au tirage!




Pourquoi hésiter encore ? La photo argentique ouvre de nouvelles perspectives créatives et artistiques. Et même si Photoshop permet par le post-traitement d’obtenir un rendu « comme si », rien ne vaut l’expérience argentique en conditions réelles.

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